Silence, on joue !
Dans ce dialogue hors lois coutumières, l’épilogue dépasse tout commentaire. Des doigtés et des combinaisons nous ont renvoyés aux dédales du mythe et du rêve turc, aux mille et une nuits des porteurs de fez. Un paysage sonore et chamarré nous a agréablement absorbés, ébahis.
Les cordes soufflent, se croisent, se caressent, s’embrasse, se pincent, se frottent, s’entrelacent…, conversant ainsi pour causer la mélodie du génie précoce et cogiter en adagio au lento. Ces mêmes cordes tendues ont fait rimer un « bruit » intelligent, exquis et varié.
Elles s’entrechoquent de nouveau dans une deuxième page de la soirée, ils bourdonnent et résonnent.
Les sons parsemés tournoient dans l’air laissant les chançards rêver et planer, têtes en l’air de fierté, pieds sur terre plantés. Amine et Hamza, dotés d’une impulsion décisive et interprétation expressive ont démontré des talents et une détermination.
Le cocktail de notes offert s’altère, volette entre le classique turc et le classique arabe dans des sons tremblés ou dans une suspension de trémolos. Un registre qui navigue entre le grave, l’aigu ou le médium, titillant une audience éblouie.
Zohra ABID
Le Quotidien
Mercredi 19 septembre 2001
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